Les principales
Revues de l’Ordre
Dans cette brève présentation, qui ne prétend pas être exhaustive, des
principales revues de l’Ordre, nous nous en tiendrons aux Revues de l’OCSO.
Nous ne pouvons cependant omettre, en commençant, la mention d’une importante
revue de l’OC dont l’origine remonte à l’époque d’avant 1892.
Cistercienser Chronik
La revue de langue allemande Cistercienser Chronik fut fondée à Mehrerau en 1889 par le Père
Grégoire Müller, qui en assura la direction jusqu’à l’âge de quatre-ving-treize
ans. Cette revue se définissait, en
premier lieu, comme une sorte de bulletin familial de l’ordre cistercien ;
mais très rapidement elle s’intéressa aussi à l’histoire de l’Ordre, ainsi qu’à
divers aspects de la spiritualité cistercienne. Elle porte aujourd’hui le sous
titre de Forum für Geschichte, Kunst,
Literatur und Spiritualität des Monchtums » (Forum sur l’histoire,
l’art, la littérature et la spiritualité du monachisme).
Elle est publiée aujourd’hui par l’abbaye de
Wettingen-Mehrerau, et des membres de notre Ordre y contribuent des articles.
Soeur Magadalena Aust, moniale de Mariafrieden, est dans l’équipe de rédaction.
Les Collectananea
Il convient de s’attarder aux Collectanea un peu plus qu’aux autres revues, puisque
c’est la seule revue qui fut, au moins durant une certaine période, une revue
officielle de notre Ordre.
Lorsque le Chapitre Général de 1933 approuva le lancement
des Collectanea, l'idée n'en était pas neuve. Elle avait été proposée à diverses reprises
dans le passé, mais avait rencontré bien des objections, surtout la crainte de
voir naître dans l'Ordre un certain intellectualisme. Le projet reçut l'approbation du Chapitre
Général lorsque l'Abbé Général lui-même, Dom Herman-Joseph Smets, l'assuma et
le présenta au Chapitre. Il s'occupa
personnellement de tous les détails du premier numéro, y compris le choix des
caractères d'imprimerie (n'avait-il pas été l'imprimeur de Westmalle?). Mais il était évident que l'Abbé Général ne
pouvait se charger de la rédaction d'une revue en plus de toutes ses autres
responsabilités. Dom Anselme Le Bail,
abbé de Scourmont, à qui cette revue tenait tant à cœur, en ayant été
l'initiateur plus qu'aucun autre, proposa le Père Camille Hontoir, moine de sa
communauté, comme rédacteur. Celui-ci
remplit cette fonction durant plus de 20 ans, de 1933 à 1954.
La rédaction fut ensuite assumée brièvement par Dom André
Fracheboud de Tamié, de 1955 à 1959, et par Dom André Louf du Mont-des-Cats de
1959 jusqu'à son élection comme abbé en 1962. Elle revint alors à Scourmont
pour une autre période de vingt ans, sous la responsabilité de Père Charles
Dumont de 1963 à 1971 et celle de Frère Gabriel Ghislain de 1971 à 1984. À cette date la rédaction passa une autre
fois au Mont-des-Cats, où elle fut partagée entre Père Yvon Petit, responsable
des articles, et Père Jacques Delesalle, responsable du bulletin.
La revue Collectanea est née comme revue officielle de l'Ordre. Le Chapitre Général de 1933 institua un
"comité doctrinal de lecture" composé de sept abbés et "chargé
de la censure, sans préjudice des droits du Définitoire qui répartira les
matières et jugera de l'opportunité de l'insertion"[1].
(p. 18). À partir de 1965 les Collectanea
perdent ce caractère officiel. Le
Définitoire n'en assume plus la direction et un "Comité de direction"
composé de six personnes se constitue.
La page couverture porte désormais au verso la mention : "Les
opinions émises dans les articles n'engagent que leurs auteurs". Ce Comité de direction se cooptera quelques
autres membres en 1982. La Revue ne dépendant plus de l'autorité centrale de
l'Ordre, il devenait nécessaire de lui donner une existence légale. Fut donc constituée en 1971 une Association
Sans But Lucratif (ASBL) appelée "Collectanea Cisterciensia"
(nom modifié par la suite en "Cisterciensia") ayant pour objet
"l'édition de revues de spiritualité". C'est depuis lors cette Association qui est
responsable légalement des Collectanea.
Sa présidence fut d'abord assurée par Père Maur Standaert, puis par Dom
Thomas Vilain jusqu'à sa mort en 2000, et par l'actuel abbé de Scourmont depuis
lors.
Une légère restructuration de la revue en 2000
introduisit un Conseil de Rédaction dont l’un des membres remplit la fonction
de Rédacteur en chef. Cette fonction fut
d’abord assumée durant quelques années par
Père Bernard-Joseph Samain d’Orval, qui passa ensuite la direction à Soeur
Marcelle Bodson de Clairefontaine.
La revue fut conçue à ses origines dans l'esprit de la
Charte de Charité, comme un organe de communion, ayant pour but de renforcer
les liens de fraternité entre les communautés et de susciter l'intérêt pour la
spiritualité, l'histoire, la liturgie cisterciennes, en donnant un enseignement
adapté aux moines et aux moniales de l'Ordre pour les éclairer et les soutenir
dans leur vocation. Dans son liminaire
au premier numéro, Dom Herman-Joseph, répondant sans doute aux craintes
exprimées par certains capitulants, affirmait que les Collectanea ne
prétendaient pas à l'érudition mais souhaitaient simplement "aider les
âmes dans leur ascension vers l'amour de Dieu"[2].
En réalité, malgré cette crainte de l'érudition, la revue
publia, dès ses premières années, plusieurs articles d'une grande solidité
scientifique, sur divers pères cisterciens et sur de nombreux aspects de la
tradition liturgique et juridique de l'Ordre.
Cette orientation était évidemment due à la personnalité du premier
Rédacteur, le Père Camille Hontoir, homme d'une très grande culture, à qui Dom
Anselme Le Bail avait communiqué l'amour de la tradition cistercienne. À ces
articles de base s'ajoutaient le rappel d'événements importants de l'Ordre et
surtout la chronique annuelle de chaque monastère ainsi que des notices
bibliographiques.
Dès qu'il assuma la rédaction de la Revue Dom André Louf
introduisit le Bulletin de spiritualité monastique, qui demeure jusqu'à
nos jours, l'un des joyaux des Collectanea. Un autre apport important de Dom André à la
revue a été d'élargir son horizon au monachisme chrétien en général (et non
seulement cistercien) et à l'œcuménisme.
L'esprit nouveau suscité dans l'Église par le Concile et
dans l'Ordre par les débuts du renouveau post-conciliaire, amenèrent la Revue à
repenser son orientation et ses objectifs,
d'autant plus que diverses autres revues étaient apparues dans l'Ordre
ayant chacune une vocation un peu différente.
Le premier numéro de 1965 abordait cette question de front, d'abord dans
un éditorial de Dom André Louf, membre du Comité de direction et désormais abbé
du Mont-des-Cats, puis dans un article en anglais du Père Louis (Thomas) Merton
sur "Le rôle d'une revue monastique". Dom André décrit ainsi la vocation de la
Revue qui, rappelons-le, n'est désormais plus la "revue officielle"
de l'Ordre: "Aujourd'hui, grâce à Dieu, après bien des vicissitudes, la
Revue peut faire peau neuve. Elle semble
à même d'assumer humblement sa petite place dans le renouveau monastique
d'aujourd'hui. En ouvrant largement ses
pages à la poussée spirituelle qui monte, parfois chaotique mais très fervente
et prometteuse d'avenir, un peu partout dans l'Ordre monastique, elle peut
espérer être plus efficacement présente à une Église en dialogue et en
devenir."[3]
Cistercium
Fondée en 1949 et publiée sous l’autorité des monastères
cisterciens de la Stricte Observance d’Espagne, la revue Cistercium est une revue d’histoire, d’art et de spiritualité
monastique et cistercienne. Ces
dernières années, avec le Père Francisco R de Pascual de Viaceli comme
directeur et le Père Jeremias Palacios de La Oliva comme rédacteur, elle s’est
ouverte également à d’autres thèmes et particulièrement à des aspects
fondamentaux de la vie religieuse et mystique.
Cîteaux, Commentarii Cistercienses
Cîteaux,
Commentarii Cistercienses est une revue multilingue et internationale, qui
publie des articles scientifiques sur tous les aspects de l’histoire
cistercienne : art, architecture, archéologie, droit, musique, liturgie,
vie intellectuelle, etc.). On y trouve
aussi des indications sur l’état d’avancement des recherches académiques en ces
domaines.
Les deux initiateurs infatigables de cette revue furent
les Pères Roger de Ganck de Westmalle et Edmond Mikkers d’Achel. Le premier numéro, paru en 1950, s’intitulait
Mededelingen over het Cisterciënser leven
in de Nederlanden (Communications sur la vie cistercienne dans les Pays
Bas). À partir du deuxième tome et pour tous les tomes suivants jusqu’au
neuvième, le titre fut Cîteaux in de
Nederlanden. Mededelingen over het Cisterciënser leven van de XIIe tot de
XVIIIe eeuw (Cîteaux dans les Pays.Bas.
Communications sur la vie cistercienne du XIIe au XVIIIe siècle). Comme l’indiquait la première livraison, il
s’agissait des « Pays-Bas » anciens, qui comprenaient le territoire
des Pays-Bas actuels, de la Belgique et du Grand-Duché de Luxembourg, ainsi que
la Nord de la France.
À partir de 1950 la revue prit le nom de Cïteaux, Commentarii Cistercienses.
Elle s’était alors transformée en revue internationale de haut niveau.
Même si ce ne fut jamais une revue « officielle » de l’Ordre, le Chapitre
Général de 1951 intervint pour approuver le passage de la revue pro maniscripto à une revue publici iuris.
À partir de 1962 (date où le Père Roger de Ganck partit pour l’Amérique
pour servir d’aumônier à la fondation de Redwoods), le Père Edmond Mikkers en
assuma seul la rédaction jusqu’en 1985.
À cette date, il passa le flambeau au Frère Jean-François Holthof de
l’abbaye de Cîteaux. Depuis 1993, c’est
Madame Terryl Kinder qui assure la tâche de Rédactrice en chef, assistée d’un
Comité de rédaction composé de spécialistes de l’Ordre et du monde
universitaire.
Hallel
La Revue anglophone Hallel
commença à l’abbaye de Mount Melleray, en Irlande, en 1960. Il s’agissait alors d’un partage de textes
liturgiques à l’époque où l’on passait à la langue vernaculaire (d’où son nom
de Hallel, qui signifie
« louange »). La rédaction passa par la suite à l’abbaye de Roscrea
et, à partir de 1968 cette publication est devenue une « revue de
spiritualité monastique et de liturgie ».
Monastic Studies
Née au monastère OCSO de Berryville, USA en 1963,
la revue Monastic Studies, faisait
suite à quelques volumes de Cistercian
Studies publiés au même monastère durant les années 1961-62. Il s’agissait d’une revue de spiritualité monastique destinées aux monastères anglophones
de l’OCSO. Elle fut cependant transférée aux monastère
bénédictin de Mount Saviour, USA, en 1965.
Liturgie / Liturgy
Dans le cadre de la réforme liturgique
postconciliaire, la Commission de Liturgie OCSO décida en 1966 la publication
d’un Bulletin de Liturgie ayant une édition de langue française et une autre de
langue anglaise, portant tout simplement les titres de Liturgie et Liturgy. Le Père Armand Veilleux, alors de Mistassini,
assuma la rédaction des deux éditions depuis le début. Il fut remplacé pour la rédaction de
l’édition anglaise par le Père Chrysogonus Waddell en 1970 et pour l’édition
française par le Père Paul Houix de Timadeuc en 1972. L’édition anglaise
demeura sous la direction de Père Chrysogonus jusqu’à ce qu’elle cesse de
paraître, il y a une dizaine d’année.
Quant à l’édition française, depuis qu’elle fut relancée comme
« Nouvelle série, nº 1 » en 1972, sous l’égide de la C.F.C., elle a
connu plusieurs rédacteurs. Sa
rédactrice actuelle est soeur Marie-Pierre Faure de l’abbaye de Chambarand.
Durant les premières années, ces deux revues avaient pour
but de communiquer aux monastères de l’Ordre les décisions du Saint Siège et de
l’Ordre concernant notre liturgie et le fruit des travaux de la Commission de
Liturgie de l’Ordre, qui fut très active durant les années 1965-1977. Par la
suite, surtout l’édition française, qui s’ouvrit à un public beaucoup plus
large que celui de notre Ordre, contribua de façon significative à
l’élaboration et à la qualité de la liturgie d’après Vatican II.
Cistercian Studies Quarterly
Bien que les Collectanea
furent une revue essentiellement de langue française, on y trouvait
occasionnellement, jusqu’en 1966, des articles en anglais. À partir de cette date on sentit le besoin
d’une version anglaise des Collectanea. Ce furent les Cistercian Studies. Dans un
premier temps on y trouvait d’abord des traductions anglaises des articles
parus dans les Collectanea. Graduellement cependant, les deux revues
devinrent indépendantes l’une de l’autre et Cistercian
Studies Quarterly devint une importante revue monastique autonome. À côté de réflexions sur divers aspects de la
vie monastique de nos jours, on y trouve aussi de solides études de caractère
scientifique rédigées soit par des moines de notre Ordre, soit par d’autres
chercheurs du monde académique.
De 1966 à 1981 la rédaction de la Revue fut assumée par
l’abbaye de Caldey, maison-fille de Scourmont où se trouvait à la même époque
la rédaction des Collectanea. Sa rédaction a été assumée depuis lors par
divers moines de la région USA. Le Rédacteur actuel en est le Père Elias Dietz
de Gethsemani.
Cuadernos monasticos
Cuadernos
monasticos n’est pas une revue uniquement cistercienne, même si de nombreux
membres de notre Ordre y ont joué et y jouent un rôle important. Il s’agit d’une revue de spiritualité
monastique de la Conférence des Communautés monastiques de Conor Sur (SURCO)
qui regroupe les monastères bénédictins et cisterciens, de moines et de
moniales, de l’Argentine, du Chili, du Paraguay et de l’Uruguay.
La revue est née en 1966. Depuis 1969 elle paraît quatre
fois par an. Elle comporte trois
sections principales : a) articles ayant trait à la vie monastique
chrétienne depuis les premiers siècles du christianisme ; b) traductions
en espagnol des sources monastiques des premiers siècles ; c) recension de
livres et notices bibliographique.
Monastieke Informatie / De Kovel
De même, Monastieke
Informatie, qui paraît depuis 1967, n’est pas une revue exclusive à notre
Ordre. C’est un organe d’information et
d’échange d’opinions entre les monastères cisterciens – des deux Observances –
et bénédictins des pays de langue néerlandaise.
Publiée d’abord sous forme ronéotypée, la revue a pris au cours des
années un aspect de plus en plus professionnel, aussi bien quant au contenu que
quant à la présentation typographie. On y trouve des informations et des
réflexions sur une grande variété d’événements et de thèmes monastiques.
Avec 2008 la revue s’est donné une présentation tout à
fait nouvelle, de grande beauté et même un nouveau nom. C’est désormais De Kovel (= la coule). Et le
sous titre est : Monastiek
tijdschrift voor Vlaanderen en Nederland (= revue monastique
pour la Flandre et les Pays-Bas).
Armand VEILLEUX, ocso